Construire un moteur de simulateur dynamique ultra-puissant

un monstre de 10 kg en atelier

Vous rêvez d’un simulateur dynamique à la maison sans pour autant vider votre compte en banque ? On vous comprend ! S’attaquer à la fabrication de ses propres moteurs peut sembler intimidant de prime abord. Mais pas de panique, c’est moins compliqué qu’il n’y paraît. Dans cet article, on va décortiquer ensemble la conception et l’assemblage d’un vérin linéaire surpuissant de A à Z. En suivant ces étapes, vous obtiendrez un moteur bien plus robuste que les kits habituels, le tout pour un budget maîtrisé sous la barre des 400 euros. On va y aller étape par étape. Allez, c’est parti !

🛠️ Les prérequis et le matériel

Avant de jouer du tournevis, faisons le tour du propriétaire. L’avantage du « Fait Maison » (DIY), c’est que vous contrôlez chaque pièce. Voici les éléments clés utilisés pour ce projet, avec les liens récupérés pour vous faciliter la vie :

  • Le moteur : Un modèle 90ST (plus précisément le 90ST M0405), une vraie bête de course comparée au 80ST souvent utilisé dans les kits du commerce.

  • Le profilé en aluminium : Un bloc de 90×90 L Type B avec une rainure de 10mm (longueur 350mm). Vous pouvez le faire découper proprement sur mesure chez Motedis.

  • Les pièces mécaniques :

  • La quincaillerie : Des tiges filetées en acier de 37,3 cm , des écrous borgnes à tête plate, tube en acier de 40cm de long et 3cm de diamètre  .

  • Les pièces imprimées en 3D : Imprimez-les en PLA classique (ou en PLA 870 qui peut être recuit au four pour devenir encore plus dur).
    Les fichiers modifiables sous fusion360: ici

    Le site du projet original: ici

💡 La préparation des pièces

La clé d’un montage sans accroc, c’est la préparation en amont.

  1. Le nettoyage des tiges : Les tiges en acier arrivent souvent remplies de graisse d’usine à l’intérieur. Nettoyez-les soigneusement pour éviter que la saleté ne s’invite dans votre futur moteur.

  2. L’ajustement du plastique : Votre pièce centrale imprimée en 3D (le coulisseau) va venir glisser dans le profilé en alu. Au départ, c’est normal que ça frotte. N’hésitez pas à poncer et limer un peu jusqu’à ce que la pièce glisse parfaitement.

  3. La découpe des tiges filetées : Vous allez devoir couper vos tiges avec une disqueuse. Petite astuce anti-galère : quand on coupe, on abîme systématiquement le pas de vis. Vissez donc un écrou sur la tige avant de couper. Une fois la coupe terminée, en dévissant l’écrou en force vers la sortie, il va « reformer » proprement le filetage abîmé. Malin, non ?

🚀 L’assemblage du moteur pas à pas

Maintenant que tout est propre, on passe au montage. Vous allez voir, c’est comme un gros jeu de construction !

  1. Préparer les fixations : Prenez vos 4 écrous borgnes fraîchement découpés et intégrez-les au bout de vos tiges filetées.

  2. Insérer dans l’alu : Glissez vos 4 tiges filetées à l’intérieur de votre grand profilé en aluminium.

  3. Verrouiller la structure : De l’autre côté, ajoutez la pièce imprimée qui sert de bouchon et sécurisez le tout. Serrez avec une petite clé Allen. Ce n’est pas la peine de forcer démesurément, ça ne bougera pas.

  4. Lubrifier abondamment : C’est le secret d’un système fluide et silencieux ! Appliquez du lubrifiant silicone sur la partie en plastique qui frotte contre l’aluminium. Pour l’intérieur de la pièce abritant le roulement à billes, utilisez plutôt de la graisse universelle au lithium.

  5. Coupler le moteur : C’est l’étape finale. Rapprochez votre moteur du bloc en aluminium. Vous devez aligner l’accouplement du moteur avec la partie tournante. Un petit trou est spécifiquement prévu sur le côté de l’aluminium pour glisser votre clé Allen et visser l’ensemble fermement.

Note de pro : Si vous prévoyez de démonter votre système de temps en temps, insérez des petits pas de vis métalliques (inserts thermiques) dans vos pièces en plastique au lieu d’y visser vos vis directement. Ça sauvera la vie de vos impressions 3D à long terme !

⚙️ Pourquoi choisir l’imposant moteur 90ST ?

Vous vous demandez peut-être pourquoi s’embêter avec un gros moteur 90ST de 10 kilos, alors que le 80ST est le standard sur des solutions réputées comme le SRT80 ?

La réponse tient en un mot : la réserve de puissance. Le 80ST offre environ 2400 Nm de couple, tandis que notre 90ST grimpe à 4000 Nm. C’est plus de 50 % de puissance en plus ! L’idée n’est pas de l’utiliser à fond au risque d’avoir des mouvements violents ou dangereux. Au contraire, en bridant ce moteur à 60 % ou 80 % de ses capacités dans le logiciel, il fonctionnera sans jamais peiner. Il chauffera moins, s’usera moins vite et vous garantira une fiabilité à toute épreuve. C’est ultra sécurisant.

🏁 Conclusion

Voila , vous venez d’apprendre à fabriquer un moteur de simulateur dynamique surpuissant et sur-mesure. En reproduisant l’opération pour obtenir trois ou quatre vérins, vous accédez à des sensations de pilotage de niveau industriel pour une fraction du prix du marché. Il ne vous restera plus qu’à assembler le tout sur votre châssis. Vous avez fait le plus technique, soyez fiers de vous !

Retour en haut